Jean-Michel Laurence : « Xavier Dupont de Ligonnès ? La thèse de la cavale peut tout à fait être prise en compte ».

Plus de 5 ans après la découverte des 5 corps des membres de la famille Dupont-de-Ligonnès, le mystère reste entier à Nantes. Le père Xavier, tueur présumé, est toujours recherché depuis le 15 Avril 2011. Selon les enquêteurs, il a tué sa femme Agnès et ses 4 enfants entre le 3 et 4 Avril de la même année. Une enquête hors-normes qui a poussé deux journalistes ,Jean-Michel Laurence et Béatrice Fonteneau, à reprendre tous les éléments à charge et à décharge amassés depuis le début de l’enquête. Objectif : faire un vrai travail journalistique sans prendre position.  Pour les deux journalistes, une seule certitude : ceux qui proclament la vérité dans cette affaire ne peuvent pas la démontrer formellement. 

XDDL

CHRONIQUES : Beaucoup de choses ont été dîtes sur le meurtre de la famille De Ligonnès et sur le père Xavier. L’enquête semble au point mort aujourd’hui. Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire ce livre ? Quelle a été votre démarche ?

Jean-Michel Laurence : Notre démarche était de faire un vrai travail journalistique. Notre but n’est pas de prendre position pour une hypothèse. Nous voulions uniquement nous baser sur les faits. En regardant beaucoup de reportages, d’articles de presse, nous avons observé que plusieurs de nos collègues semblaient détenir la vérité avec beaucoup de certitudes. Nous sommes partis sans idées préconçues et nous avons mené un vrai travail d’enquête pour essayer de récolter de nouveaux éléments. On a voulu établir le puzzle d’une histoire digne d’un film de Chabrol. On a laissé une place à la contre-enquête menée principalement par l’une des sœurs de Xavier Dupont de Ligonnès. Nous voulions et devions le faire pour rester dans cet état d’esprit d’objectivité.

CHRONIQUES : Dans votre livre, le premier élément qui ressort c’est le temps qui s’écoule entre les assassinats des membres de la famille, fixés aux 3 et 4 Avril, et la date de la découverte des corps  le 21 Avril. Est-ce que vous estimez que la police a perdu du temps en ne menant pas l’enquête pertinemment ou alors il n’y a rien à redire selon vous ?

JML : Nous ne voulons pas remettre en cause le travail de la police. Il y a eu 4 perquisitions dans la maison entre le 13 Avril et le 21 Avril. L’autre fait établi, c’est que Xavier Dupont de Ligonnès disparait des radars le 15 Avril à 16h13 précisément. Il est vu sur le parking d’un hôtel Formule 1 à Roquebrune-sur-Argens. La coïncidence c’est que 45 minutes plus tard, à 16h57, la police judiciaire de Nantes l’appelle sur son portable pour lui dire qu’il est activement recherché et qu’il doit se rendre immédiatement. Si on calcule bien, les policiers ont 6 jours de retard. Ils ne les rattraperont jamais. Il part le 10 Avril de Nantes pour rejoindre le Sud de la France. Il va faire plusieurs étapes dans des hôtels plus ou moins luxueux. On le voit notamment dans l’auberge de Cassagne au Pontet.

CHRONIQUES : La base de ce drame c’est une lettre rédigée par Xavier Dupont de Ligonnès qui évoque un départ précipitée de sa famille pour les Etats-Unis. Il explique qu’il travaille pour les renseignements français et qu’ils sont en dangers. Comment cette lettre est-elle perçue par les policiers ?

JML : Force est de constater qu’elle n’est pas prise au sérieux dans les premiers temps. Selon notre enquête les policiers sont au courant de cette lettre vers le 8 et 9 Avril. Le même jour, 7 proches de XDDL  la reçoivent également. Plusieurs de ses proches s’inquiètent immédiatement.   C’est une affaire de disparition à l’époque. Un cas similaire avait été signalé quelques mois plus tôt et   après  enquête, on avait appris que la famille recherchée était partie faire le tour du monde en voilier.

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Jean-Michel Laurence et Béatrice Fonteneau. CRÉDIT PHOTO : 20 MINUTES.

CHRONIQUES : L’analyse des comptes en banque ont été faits tardivement également. Ils révèlent des achats inquiétants. Après votre analyse, est-ce que vous estimez que du temps a été perdu également ?

JML : Restons sur les faits. Ils vont découvrir ses comptes le 20 Avril donc la veille de la découverte des corps. Il a acheté de la chaux, des sacs poubelles, du ruban adhésif etc. C’est le déclic et dès le lendemain ils vont directement vers la terrasse.

CHRONIQUES : Mais sans prétention, sans donner de leçons, on peut se dire que cette analyse bancaire aurait pu être faite plus tôt en lisant votre livre ?

JML : Je ne sais pas. Les traces bancaires ont parlé. Depuis le début de cette enquête, on a fait un boulot de journalistes en prenant les faits tels qu’ils sont, sans porter de jugements.

CHRONIQUES : Qu’est-ce que vous avez appris sur  Xavier Dupont de Ligonnès ?

JML : Sa personnalité très complexe notamment son cheminement spirituel. Après, comme beaucoup de personnes, il avait des soucis financiers, des soucis de couple également mais sa vision de la vie est très particulière. On a notamment découvert qu’il réfléchissait depuis 2010 aux sacrifices humains notamment ceux de ses enfants. Il pensait que cela pouvait être une offrande à Dieu. Il a rédigé ce texte sur un forum. Forum où on recense notamment tous ses posts dans notre livre. C’est vrai que ça fait froid dans le dos.

CHRONIQUES : A l’heure actuelle, quels sont les faits avérés ? Actuellement, XDDL est toujours présumé innocent.

JML : Vous faîtes bien de le préciser. Il n’a pas été jugé.  Les faits avérés, il y en a 3. 1 – On retrouve des traces de balles dans le corps des 5 victimes. 2 – On retrouve dans le corps des 4 enfants des traces de somnifères. Pas dans celui de sa femme Agnès. Les 4 enfants ont été endormis. 3 – XDDL disparait le 15 Avril. Aujourd’hui, personne ne peut dire qu’il a mis des somnifères dans les verres de ses enfants. C’est le travail de la justice ça. Le seul élément troublant concerne Thomas. Il est étudiant à Angers. D’après la chronologie policière, il voit son père le lendemain de la mort présumée de sa mère et de ses frères et sœurs. Ils vont au restaurant à Avrillé vers Angers et Thomas est pris d’un malaise. Il est dans les vapes. Les éléments de l’enquête le prouvent. Il rejoint Nantes le lendemain soir après avoir pris le train à 22h et il ne donne plus signe de vie à partir du 4 Avril. On peut toujours extrapoler mais ça n’est pas notre rôle. Concernant Xavier Dupont de Ligonnès,  il y a eu plus de 1000 signalements plus ou moins fantaisistes depuis le 15 Avril 2011. On en retranscrit certaines dans notre enquête. Et le constat est implacable : aucune n’a abouti.

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CHRONIQUES : Dans le livre, vous laissez une place à la contre-enquête. L’une des sœurs de XDDL penche pour le départ aux Etats-Unis. Quels sont ses arguments ?

JML : Il y a en effet deux thèses qui s’opposent. La première est celle de la justice et de la police. Elle dit que XDDL est le meurtrier et qu’il s’est sans doute suicidé. L’autre menée par Christine, l’une des sœurs de XDDL, dit qu’il est vivant et qu’il est innocent. Elle croit en l’idée du départ aux Etats-Unis et pense qu’un complot est organisé par l’Etat et la police avec même des corps de substitutions installés sous la terrasse. C’est difficile à prendre en compte. C’est vrai que les corps ont été incinérés très rapidement mais l’ADN, les empreintes digitales confirment que les corps sont ceux d’une même famille. Pour lever les doutes il faudrait que Christine fasse don de son ADN. La police scientifique pourrait comparer. Elle ne l’a pas fait à notre connaissance.   

CHRONIQUES : Un point important de cette contre-enquête concerne Agnès. Certaines personnes affirment l’avoir vu en vie le 7 Avril alors que son décès est établi au 3 Avril.

JML : C’est en effet une zone d’ombre qui n’est toujours pas éclaircie. Il y a au moins 4 témoignages assez concordants pour dire qu’Agnès Dupont de Ligonnès n’a pas pu être tuée le 3 et 4 Avril. Elle a notamment été vue par une coiffeuse le 7 Avril. Cette dernière est très précise dans son témoignage. Cette affaire n’est peut-être pas aussi simple.

CHRONIQUES : Deux personnes reviennent souvent dans votre enquête : Emmanuel et Michel. Ce sont deux amis de longue date de XDDL. Qu’est-ce qu’on peut dire sur eux ?

JML : Ce sont les premiers destinataires de la fameuse lettre qui évoque un départ organisé par l’Etat vers les Etats-Unis. C’est vrai qu’ils étaient vraiment très proches. Pour XDDL, Emmanuel était le centralisateur des tâches administratives après son départ. D’ailleurs Emmanuel va rentrer au moins à deux reprises dans la maison entre le 9 et le 16 Avril. Il va même boire un verre à quelques mètres de la terrasse sans savoir que les corps sont enterrés. Michel, lui, est un très proche collaborateur de XDDL. Ils se connaissent depuis 30 ans. Il est commercial et il va se retrouver à une vingtaine de kilomètres de XXDL lorsque ce dernier sera dans le Sud de la France avant le 15 avril. Il va se retrouver à Montauroux dans le Var. C’est une pure coïncidence. Le dernier mail envoyé par XDDL à  Michel est une photo de la statue de la Liberté. Est-ce que c’est un montage ? Est-ce que c’est la vérité ? Il y a plein de fausses pistes dans ce dossier.

CHRONIQUES : Pour en revenir à la personnalité de XDDL, vous mettez en avant son extrême intelligence. Une intelligence largement au-dessus de la moyenne ?

JML : C’est vrai. Depuis son enfance, il a toujours eu d’énormes facilités intellectuelles. Dans un mail envoyé à sa sœur, il évoque même sa lassitude de devoir travailler avec des gens moins intelligents que lui. Quand on observe ses écrits, on s’aperçoit que tout est extrêmement hiérarchisé. Sur le plan spirituel, il semble perdu en revanche.  Il sait que sa femme le trompe et il le vit très mal. Le fait aussi de ne pas réussir dans les affaires le renferme dans une bulle.

CHRONIQUES : Pour la justice, c’est le tueur ?

JML : Pour la justice, c’est l’auteur des faits même si sûr la scène de crime aucunes traces ADN de XDDL n’ont été retrouvées, que l’arme du crime n’a pas été retrouvée et que la policière judiciaire n’a retrouvé que des légères traces de sangs dans la maison. Il y a tout de même des zones d’ombre d’où le titre du livre « Le mystère Xavier Dupont-de-Ligonnès ». C’est réellement une affaire hors norme par rapport à ces éléments-là. Au départ de notre enquête, on a rencontré beaucoup de journalistes qui assénaient une vérité et leurs certitudes. On a droit de le faire mais comme je vous le disais en début d’interview, nous avons réalisé un travail d’objectivité totale. Notre livre commence par une citation de Nicolas de Condorcet : «  Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée ». C’est la démarche de notre livre.

CHRONIQUES : A titre personnel, vous penchez pour la thèse du suicide ou de la cavale ?

JML : En rassemblant plusieurs éléments, nous pensons que XDDL se projetaient vers l’avenir. 1er point : il demande à son beau-frère de l’actualiser à Pôle Emploi entre le 4 et le 15 Avril 2011 pour toucher 2000 euros par mois. Enfin 2ème point : il fait un dépôt d’argent sur un de ses comptes en banque avant de partir. C’est deux faits là nous font penser qu’il voulait vivre plus longtemps. En toute logique, on peut se dire que quelqu’un de suicidaire ne ferait pas ces actions budgétaires. Et puis s’il s’était suicidé, on peut penser qu’il l’aurait fait sur les lieux du crimes et pas à 500 kilomètres de chez lui. Après nous ne sommes pas dans son cerveau et l’âme humaine est parfois bien difficile à décrypter. Il y a une vérité assez simple et c’est une règle judiciaire : tant que son corps n’a pas été retrouvé, il est considéré comme vivant. Libre à chacun de se faire une opinion.

CHRONIQUES : Dans l’histoire judiciaire, une histoire semblable est arrivée aux Etats-Unis. On a retrouvé le coupable des années plus tard.

JML : En effet, c’est l’histoire de John List. L’histoire est un peu différente puisque lui est l’auteur des faits, c’est avéré. On n’a jamais pu dire que XDDL avait tué sa famille. L’histoire de cet américain fait froid dans le dos et c’est assez troublant puisqu’elle ressemble à la thèse développée par les enquêteurs au sujet de XDDL. Le 9 novembre 1971, ce vendeur en assurance rentre dans sa maison cossue de Westfield dans le New Jersey. Il tue sa femme par arme à feu dans la cuisine, puis sa mère à l’étage. Il attend que deux de ses enfants reviennent de l’école et les abat froidement. Puis il se prépare à manger et part assister au match de football de son dernier fils, qu’il tue également à leur retour à la maison. Mais contrairement aux autres, il s’acharne sur son corps, en tirant une dizaine de fois sur lui. Si l’on suit la thèse des enquêteurs dans l’affaire XDDL, il a fait avaler un somnifère aux membres de sa famille et ils les auraient ensuite abattus à bout portant pendant leur sommeil, avec une carabine 22 Long Rifle. Xavier Dupont de Ligonnès possède une arme de ce calibre, héritée de son père trois semaines avant le drame. Et le lendemain il aurait rapatrié Thomas chez lui pour le tuer.

JOHN LIST
John List arrêté en 1989. CRÉDIT PHOTO : AP.

John List est retrouvé 18 ans plus tard. Il a si bien planifié les meurtres qu’il se passe près d’un mois avant que l’on constate qu’il y a un problème. Échappant à la justice pendant près de 18 ans, John List se forge une nouvelle identité et se remarie avant d’être finalement appréhendé le 1er Juin 1989 après que l’histoire de ses meurtres a été présentée dans l’émission de télévision américaine America’s Most Wanted qui demande l’aide des téléspectateurs pour résoudre des affaires criminelles. John List est reconnu par un collègue. Les policiers viennent sur place comparent les empreintes digitales et ça colle.

Il est reconnu coupable des meurtres et est condamné à cinq peines de prison à vie consécutives. Il meurt de pneumonie en prison en 1988. Ce que l’on sait  après enquête, c’est que XDDL se trouvait aux Etats-Unis à l’époque de cette révélation. Il n’a pas pu échapper à cette histoire. Cela reste encore une hypothèse. Ce que l’on sait c’est que c’était un amoureux des Etats-Unis. D’ailleurs des recherches ont été faîtes aux Etats-Unis notamment en Floride en 2011.

CHRONIQUES : Est-ce que l’enquête est toujours prise en charge ?

JML : Oui il y a toujours un policier qui travaille sur le dossier à la police judiciaire de Nantes. Il attend clairement un coup de chance. Il faut bien avouer que la situation est au point mort. Des pistes sont toujours d’actualités mais rien de probant.

CHRONIQUES : Outre la thèse du départ aux Etats-Unis, celle d’un départ en Afrique est évoqué également. Elle peut tenir la route selon vous ?

JML : Les policiers ne privilégient pas cette hypothèse. Aucun ticket de bateaux n’a été trouvé. Il avait des attaches en Afrique du côté de sa famille mais rien de probant là encore.

CHRONIQUES : Quelles sont les relations entre la famille d’Agnès et de Xavier Dupont-de-Ligonnès ?

JML : La famille d’Agnès ne parle pas du tout. Elle est très discrète.  Elle ne souhaite pas communiquer. Du côté de Xavier, sa sœur Christine a communiqué au début pour soutenir la contre-enquête. Elle et sa famille se font beaucoup plus rares aujourd’hui. Selon nos sources, les deux sœurs ne sont pas d’accord sur le sujet. La mère de XDDL, Geneviève, semble d’accord avec sa fille Christine et elles ont soulevés des points qui sont assez troublants. Premier point, la serpillère mouillée retrouvée dans la maison alors que les meurtres datés déjà de quelques jours. Et puis surtout le ciment retrouvé friable au moment de la découverte des corps. Tous les policiers l’ont confirmé : il était friable. Si Xavier Dupont de Ligonnès est le meurtrier, il aurait dû être sec puisque l’on date son départ au 10 Avril. Les professionnels ont été formels : c’est un ciment qui prend vite. Alors est-il revenu après le 15 Avril entre deux perquisitions de policiers où alors est-ce l’action de personnes étrangères ? On ne peut pas le dire.

CHRONIQUES : Que deviennent le quartier et la maison ?

JML : La maison a été revendue moitié prix. Vous imaginez bien qu’il a été difficile de trouver des acheteurs. 5 ans après,  Les habitants du quartier eux sont toujours traumatisés. Toutes les semaines, des gens s’arrêtent devant cette maison. Pour les nantais c’est l’affaire du siècle. On l’a vu lors de nos séances de dédicaces. Les gens viennent nous parler et nous disent que cette histoire a été un choc. Ce qui est intéressant aussi c’est que beaucoup de lecteurs pensaient connaître l’histoire et en réalité leurs certitudes sont remises en question. Encore une fois, je précise que nous respectons le travail de la justice.

CHRONIQUES : Quel est votre objectif désormais ?

JML : Et bien nous allons continuer à travailler sur cette enquête. Ensuite nous aimerions que le milieu du cinéma s’empare de notre livre. Notre ouvrage pourrait être adapté par un réalisateur. C’est ce que nous souhaitons. 

Interview réalisée par Antoine Pineau. 

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2 réflexions sur “Jean-Michel Laurence : « Xavier Dupont de Ligonnès ? La thèse de la cavale peut tout à fait être prise en compte ».

  1. Peut-être un épisode m’a échappé mais personne ne dit les mensurations de Xavier de Ligonès. Sa taille , son poids, rien de tout ça, Pour les gens qui éventuellement le croiserais , c’est important de savoir .Si on l’imagine petit et qu’il est grand , notre attention ne sera pas la même .

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