J-3 PRÉSIDENTIELLES : C’est quoi cette alliance bolivarienne à laquelle Jean-Luc Mélenchon veut adhérer ?

C’est un point de son programme qui est abordé depuis plusieurs jours maintenant…Jean Luc Mélenchon, prévoit d’adhérer à l’« Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique », une organisation politique et économique antiatlantiste créée en 2004 par Hugo Chávez et Fidel Castro.

Exit L’Europe, Au revoir l’OTAN, Bye-Bye l’OMC… Bonjour l’Alliance Bolivarienne 

Il a fallu attendre un soir du 11 avril et un échange très tendu entre le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, et le journaliste de France Inter, Patrick Cohen, pour qu’un point du programme du candidat de « La France insoumise », passé plutôt inaperçu jusque-là, se retrouve dans la lumière.

«(…) Au chapitre 62, [la France] adhère à l’Alliance bolivarienne, dont les principaux pays membres sont Cuba et le Venezuela et les pays observateurs, la Russie et l’Iran. Cuba et le Venezuela ne sont pas des démocraties, et la Russie et l’Iran non plus », explique le journaliste…Ambiance sur le plateau de France 5… 

Le 13 avril, c’est au tour de Clémentine Autain…Invitée de FranceInfo, elle semble découvrir, en direct, un point du programme du candidat Jean-Luc Mélenchon. La porte-parole du mouvement Ensemble, a reconnu ne pas «(…) avoir regardé précisément le point 62  » du programme de Jean-Luc Mélenchon.

Pourtant, ce projet d’adhésion figure à deux reprises dans le livre-programme du candidat, « L’avenir en commun ». Dans le chapitre 62, celui qui a le plus interloqué, « La Paix en question / Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes », il est écrit, entre autre, qu’il faut «(…) instaurer une politique de codéveloppement avec l’Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l’ALBA ».

Mais également dans le chapitre 15, consacré à l’outre-mer, où il est prévu de « (…) rejoindre les coopérations régionales dans une démarche de codéveloppement écologique, social et de progrès humain : par exemple l’ALBA pour les Antilles et la Guyane française, l’Afrique australe pour Mayotte et La Réunion(…).». Et il est précisé, dans ce chapitre consacré à l’outre-mer, que ce sont la Guyane et les Antilles françaises qui rejoindront l’ALBA – TPC, tout comme la Communauté d’États latino-américains et caraïbes, la CELAC.

Mais concrètement, c’est quoi cette alliance ? 

« L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité de commerce » (ALBA – TCP), dont le nom fait référence au « Libertador » Simón Bolívar, est née le 14 décembre 2004 à La Havane, par la déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro, en opposition à la proposition de « Zone de libre-échange des Amériques » (ZLEA), promue par Washington.
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L’ALBA – TCP est une organisation politique, culturelle, sociale et économique pour promouvoir l’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, construite sur les principes de solidarité, de complémentarité, de justice et de coopération, et plaçant l’être humain au centre de ses principes. En des mots plus simples, c’est une alternative à la ZLEA.

L’objectif de l’ALBA – TCP est de favoriser la logique coopérative plutôt que la création d’une zone de libre-échange avec les États-Unis, qui passe par un abaissement des droits de douane, voire leur suppression. Elle s’oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales.

Plutôt que d’ordonner des privatisations, l’ALBA – TCP favorise au contraire le secteur public. La coopération bolivarienne s’exprime aussi dans de nombreux domaines, comme la santé, l’agroalimentaire, la culture ou encore la défense des droits de la « Terre-Mère ». 

D’un point de vue économique, l’ALBA – TCP s’appuie sur deux instruments financiers. Tout d’abord, une monnaie commune virtuelle réservée aux banques centrales des pays membres : le Sucre (Sistema Único de Compensación Regional), à l’initiative du Président équatorien Rafael Correa. 

Mais l’ALBA a aussi créé, en 2008, sa propre banque, qui dispose d’un milliard de dollars pour «(…) consolider la souveraineté et l’indépendance financière des pays membres de [l’Alliance] en finançant des projets de développement social ».

En six ans, 46 projets, pour un montant de 313 millions d’euros, auraient été mis en œuvre selon le Trésor. Des Jeux de l’Alba, des prix culturels, et un programme d’alphabétisation complètent cette alliance, avant tout antiatlantiste.

Et qui fait partie de cette alliance ? 

Elle compte aujourd’hui douze membres, Antigua-et-Barbuda, Bolivie, Cuba, Dominique, Équateur, Grenade, Nicaragua, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Suriname et le Venezuela et trois pays observateurs : Haïti, l’Iran et la Syrie. La Russie, avait été invitée au sommet de l’ALBA – TPC au titre d’observateur en 2009.

Et si Jean-Luc Mélenchon est élu président, nul doute qu’en rejoignant l’ALBA – TCP, il mettra en avant son « anti-atlantisme ». Car en 2016 déjà, il affirmait vouloir sortir des traités européens pour entrer «(…) dans les coalitions des pays des Caraïbes et d’Amérique latine(…). La plus longue frontière commune de la France ce n’est pas avec l’Allemagne mais avec le Brésil », souligne souvent le candidat. Source : http://alba-tcp.org

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Réunion du conseil politique de l’ALBA à New York, le 26 septembre 2013. CP : Fernanda LeMarie – Ministerio de Relaciones Exteriores y Movilidad Humana de Ecuador.
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