PRÉSIDENTIELLES J-4 : Les enjeux du débat d’entre deux tours.

Ce soir Emmanuel Macron et Marine Le Pen s’affronteront pour le traditionnel débat d’entre deux tours. La tactique des deux candidats est déjà avancée : la leader du FN se voudra offensive sans être insultante. Emmanuel Macron se voudra ferme et présidentiable. Depuis une semaine, les écarts ne changent pas dans les sondages. Emmanuel Macron est crédité ,en moyenne, de 60 à 59% des voix. 

  • « Draguer la France Insoumise » 

L’une des énigmes du second tour réside dans le taux d’abstention et le vote blanc. Hier le site du parti de Jean-Luc Mélenchon , »La France Insoumise », a réalisé un sondage pour ses adhérents. Près de 36% s’expriment pour le vote blanc ou nul, 29.05% pour l’abstention et seulement 34.83% pour Emmanuel Macron. Le vote ne proposait pas le choix Marine Le Pen. Le candidat  voudra les rassurer sur certains points. Comment ? En insistant sur la partie sociale de son programme. En ligne de mire les promesses suivantes : la baisse des cotisations payées par les salariés afin d’augmenter les salaires, l’alourdissement des sanctions contre la fraude fiscale et la refonte du système scolaire notamment pour les classes de CP.  Pour Emmanuel Macron, il faudra se montrer le plus humain possible, le plus proche du peuple. 

De son côté Marine Le Pen n’a de cesse depuis une semaine de convaincre les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Un tract a été partagé des milliers de fois sur internet. Le FN insiste sur les points communs qui lient les deux partis. Dans le détail, ses «convergences» sont exagérées, voire trompeuses dans douze cas sur seize. Mais au delà-même du projet, l’idée du Front National est de rappeler que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen défendent le peuple, la France « d’en-bas », face au monde de la finance. Elle insistera sur le protectionnisme français qui devrait redonner du pouvoir d’achat aux français, les circuits-courts à l’école en mettant en avant la formation et la retraite à 60 ans. Les désaccords restent importants entre les deux partis notamment sur la question des demandeurs d’asiles et la déchéance de nationalité. 

  • Convaincre l’électorat Fillonniste 

Lors du premier tour, les jeunes ont voté en majorité pour Jean-Luc Mélenchon. L’électorat de François Fillon lui a été composé ,en majorité, des seniors, de chefs d’entreprises et de ruraux. Ils voudront être rassurés sur les fondements de la droite française : l’économie, l’aide aux patrons et la sécurité. Emmanuel Macron insistera sur son plan d’investissement de 50 milliards d’euros, son soutien pour l’investissement privé et sa promesse d’augmenter le minimum vieillesse de 100 euros par mois. Sur le volet sécuritaire, il insistera sur le recrutement de 10 000 policiers et gendarmes.

Marine Le Pen voudra prouver sa fermeté sur l’immigration et les sanctions judiciaires contre les terroristes. Double objectifs : rassurer son électorat et celui de son père mais aussi tenter de convaincre l’électorat Filloniste. Parmi les mesures proposées par la FN : fermer les mosquées jugées extrémistes et supprimer le droit du sol. Pas de surprises sur ce point là. Sur le volet économique, la candidate évoquera son projet de ré-industrialisation. Le patronat inquiet de sa possible arrivée au pouvoir voudra des réponses sur ses idées européennes. Elle se voudra ouverte à la discussion même si le FN souhaite quitter l’Europe. Séduire sans choquer. Un des axes de communication de la leader du parti d’extrême droite. 

  • Une bataille de communicants 

Le fond oui, mais les français seront surtout attentifs à la forme. Sur ce sujet les positions sont nettes. Marine Le Pen voudra attaquer, agacer, pointer les faiblesses du programme d’Emmanuel Macron. Elle insistera sur son passé d’ancien banquier et son mandat de ministre de l’Economie. A l’image de Jean-Luc Mélenchon ,lors des débats d’avant premier tour, Marine Le Pen devrait sortir des phrases bien senties. Objectif : se rendre humaine et sympathique aux yeux des français qui hésitent à voter pour elle. Elle semble convaincue de sa force sur ce domaine mais Nicolas Sarkozy se sentait imbattable aussi en 2012 et le débat lui avait échappé. Jugée trop dure, elle voudra montrer plus d’humanité et insister sur son rôle de « mère de famille » et de « candidate des champs ». 

Emmanuel Macron lui voudra étonné son monde en montrant plus de répartie. C’est le point faible du candidat « d’En Marche » jugé trop lisse par bon nombre de sondés. Il avait su répondre à Marine Le Pen lors du débat d’avant premier tour mais ce soir il devra se montrer beaucoup plus ferme, plus direct, plus incisif et se donner une véritable stature de président. Si Emmanuel Macron échoue sur ce point, il aura perdu le débat. Le vote blanc et l’abstention pourraient augmenter si l’ancien ministre ne réussit pas ce pari. 

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