Alcool, tabac, drogue : quelles spécificités féminines dans les centres d’accueil ?

C’est l’un des axes de travail d’une enquête menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies. Trois types de centres sont analysés : les CJC (Centre des Jeunes Consommateurs), les CSAPA (Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) et les CAARUD (Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues). Deux constats principaux : il y’a beaucoup moins de femmes que d’hommes et elles sont plus souvent volontaires. 

CJC : un public féminin minoritaire et moins centré sur le cannabis

Selon le site de la Mission Interministérielle de lutte contres les drogues et les conduites addictives, il y’a actuellement 540 Centres de Jeunes Consommateurs en France. 90% des personnes reçues ont moins de 26 ans. Sur dix bénéficiaires, huit sont des hommes. On peut compter 25% de femmes dans quelques localités (Languedoc-Roussillon, la France-Comté ou encore le Limousin). Globalement, dans 80% des cas, le cannabis est évoqué lors des premières consultations. 

Quel bilan chez les jeunes filles et les femmes ? Contrairement aux hommes où le cannabis revient souvent dans les discussions, les femmes évoquent souvent plusieurs difficultés. Tabac, cocaïne, stimulants pour les plus âgées et des problèmes de comportement alimentaire pour les plus jeunes par exemple.

Autre constat, les femmes viennent plus souvent consulter sans obligations judiciaires. Des demandes spontanées et volontaires ou une orientation scolaire pour les adolescentes. A contrario, plus d’un homme sur deux rejoint ce type de centre après une décision de justice.

CJC

CSAPA : la part des femmes varie suivant le type d’addiction

Selon le site d’Action Sociale, on compte 430 Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie aujourd’hui en France. Les chiffres restent stables depuis les années 2000, c’est à dire trois hommes pour une femme en moyenne dans les CSAPA. Les professionnels regroupent les patients en trois groupes.  Un premier où les problèmes majeurs sont liés au cannabis avec une moyenne d’âge de 26 ans. Un deuxième où l’alcool et le tabac prédominent avec une moyenne d’âge de 44 ans. Enfin un troisième groupe confronté à des addictions aux drogues durs ou médicaments psychotropes (ex : anxiolytiques, antidépresseurs). Dans ce dernier cas, la moyenne d’âge est estimée à 37 ans. 

CHIFFRES

Quels profils sociologiques chez les femmes ? Elles déclarent « être accompagnée » mais si on additionne les deux catégories (seule et seule avec enfants), les femmes vivent aussi souvent que les hommes sans la présence d’un autre adulte, voire plus fréquemment pour les femmes en difficulté avec l’alcool.

En terme de niveau d’étude, elles déclarent plus fréquemment un niveau Bac, moins souvent un niveau CAP. Autre analyse, comme dans les CJC, leur présence est 2.5 à 5 fois moins liée à une décision de justice. Elles se portent volontaires pour suivre un traitement. 

Au sujet de l’alcool, les bénéficiaires sont souvent plus âgées que les hommes (47 ans en moyenne pour les femmes, 43 pour les hommes). Conséquence : elles sont plus fréquemment dépendantes. Chez les consommatrices de cannabis, on retrouve deux groupes d’âges couramment représentés : les plus de 40 ans et les moins de 20 ans.  Sur le plan des consommations, les femmes concernées fument plus souvent du cannabis en journée (69 % contre 62 % pour les hommes) et sont plus régulièrement dépendantes à cette substance.

REPARTITION

À la différence des deux groupes précédents, les femmes prises en charge pour usage d’autres substances illicites ou pour usage détourné de médicaments psychotropes sont en moyenne un peu plus jeunes que les hommes. La consommation d’héroïne, la buprénorphine haut dosage (BHD) ou la cocaïne apparaissent très semblables à ce qui est observé chez les hommes.

CAARUD : faible part féminine mais plus marquée chez les jeunes

Toujours selon le site d’Action Sociale, il y’a 141 CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues) en 2017 sur le territoire français. Précision, les personnes sont en situation de précarité 8 fois sur 10. Les femmes le sont moins souvent (affiliation à la Sécurité Routière, location d’un logement). 

CHIFFRES CAARUDD

Les femmes représentent une faible part (quatre hommes pour une femme en moyenne). Comme dans les CSAPA, mais de façon plus prononcée, les femmes sont en moyenne plus jeunes que leurs homologues masculins (36,6  ans contre 39,9 ans). Au sein du public des CAARUD, une femme sur sept (14 %) est âgée de moins de 25 ans, contre un homme sur vingt (5%). 

L’usage du cannabis concerne autant les femmes que les hommes. La consommation d’alcool apparaît moins féminin (63 % contre 71 % pour les hommes). En termes d’alcoolisations ponctuelles importantes (API  : 6 verres ou plus en une seule occasion), les femmes se démarquent une fois encore : 27 % des usagères rencontrées en 2015 dans les CAARUD déclarent une API tous les jours ou presque, contre 35 % pour les hommes. Un écart assez faible si on le ramène à une analyse globale de la population française. 

tab1

Concernant les autres produits illicites ou des médicaments psychotropes, peu de différences sont démontrées hormis pour les plantes hallucinogènes où la consommation féminine est beaucoup moins importante. 

Sources : 

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